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Publié le 18/02/2025 | Temps de lecture : 4 min
Les dernières semaines du mois de janvier 2025, la ville de Goma, située dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a connu une recrudescence des combats entre les forces armées congolaises et les rebelles du M23. L’avancée de ces derniers a plongé la population dans un climat d’inquiétude généralisée. Cette nouvelle escalade de violence a entraîné le déplacement massif de plus de 405 000 personnes, aggravant une situation humanitaire déjà critique.
Première Urgence Internationale mène notamment des actions en santé et nutrition au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri. À travers ses interventions, les équipes apportent un soutien essentiel aux populations vulnérables en garantissant un accès aux soins de santé primaire et en répondant aux urgences sanitaires. La recrudescence des violences à Goma ces dernières semaines a mis en péril ces efforts, impactant directement le déploiement de l’assistance humanitaire.
La jeune femme a pu enfin sortir de chez elle pour rejoindre son bureau, après être restée enfermée pendant plusieurs jours avec sa famille.
« Même à l’intérieur de chez moi, j’avais peur. La nuit, tout est exacerbé, le bruit des coups de feu, la crainte des pillages, confie-t-elle. Nous avons été privés d’eau, d’électricité et d’internet pendant près de deux semaines. Des habitants ont dû puiser de l’eau directement du le lac. Des prisonniers se sont évadés, des malades du Mpox se sont enfuis, et nous ne savons pas comment nous protéger. Trouver de la nourriture est un défi quotidien car les prix ont explosé sur le marché. Sans argent, nous ne pouvons pas nous soigner. Quel avenir nous attend ? »
Dans le chaos des affrontements, les entrepôts de plusieurs organisations humanitaires, dont ceux de Première Urgence Internationale, ont été systématiquement pillés. Le 28 janvier, les stocks de médicaments, d’intrants nutritionnels et de matériel médical ont été entièrement dévastés ou incendiés, mettant en péril les capacités opérationnelles de nos équipes dans l’ensemble de nos zones d’intervention au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri.
Selon l’adjoint coordonnateur médical et responsable de la pharmacie de Première Urgence Internationale, cette perte est estimée à presque 2 millions d’euros et compromet directement l’accès aux soins pour des milliers de patients.
« Cet incident dépasse largement la simple perte matérielle. Il entraîne une pénurie de médicaments essentiels, perturbe les chaînes d’approvisionnement et expose les populations à des risques sanitaires accrus », souligne-t-il.
La destruction des infrastructures de santé et la précarité des conditions de vie exposent la population à plusieurs risques sanitaires :
Les infrastructures sanitaires, y compris les cliniques mobiles de Première Urgence Internationale, ont été gravement affectées par les violences, rendant l’assistance encore plus complexe. La perte de la pharmacie centrale de l’ONG, qui approvisionnait plusieurs zones d’intervention, pourrait entraîner des ruptures prolongées de médicaments et d’équipements médicaux.
« Le pillage et l’incendie des intrants médicaux et nutritionnels des organisations humanitaires, dont ceux de Première Urgence Internationale, compromettent gravement les opérations humanitaires en privant les populations vulnérables d’une assistance vitale. Ces actes perturbent la chaîne d’approvisionnement, aggravent la crise sanitaire et nutritionnelle et mettent en péril la survie de milliers de personnes, en particulier les femmes et les enfants. Ils ébranlent également les efforts des organisations humanitaires œuvrant dans la zone, risquant de réduire leur capacité d’intervention dans une région déjà marquée par l’instabilité » précise le Dr. Eugide Lalé Mbunda, Chef de Mission de Première Urgence Internationale.